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LUCITE POLYMORPHE


1. Informations générales sur la peau
2. Soleil et rayonnement solaire
3. Définition
4. Etiologie
5. Signes cliniques
6. Examens complémentaires
7. Traitement et prévention

Synonymes

  • Allergie au soleil
  • Lucite estivale bénigne
  • prurigo estival
  • Eczéma solaire

Diagnostics différentiels

  • Acné estivale
  • Eczéma de contact
  • Eczéma atopique
  • Syndrome de Bloom
  • Lupus érythémateux discoïde
  • Erythème polymorphe
  • Protoporphyrie érythropoïétique
  • Syndrome de Hartnup
  • Hydroa vacciniforme
  • Infiltrat lymphocytaire cutané de Jessner et Kanof
  • Parapsoriasis en plaque
  • Photoallergie de contact
  • Photoallergie médicamenteuse
  • Prurigo
  • Dermatose polymorphe prurigineuse de la grossesse
  • Syphilis secondaire
  • Urticaire solaire
  • Lupus érythémateux subaigu


1. Informations générales: Quelles sont les principales fonctions de la peau ?

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La peau est l’organe humain le plus important quantitativement avec une surface d’environ 1,8 m² pour un poids total d’environ 11 kg. La peau est non seulement responsable de notre apparence, mais elle possède également d’autres fonctions importantes :
protection
la peau constitue un écran qui nous protège des :
- agressions mécaniques : pression, coups
- agressions thermiques : chaud, froid
- agressions environnementales : agents chimiques, bactéries, rayonnement solaire ultraviolet ;
régulation
la peau régule la température corporelle. La production de sueur qui s’évapore à la surface cutanée permet le refroidissement corporel.
le cinquième sens, le toucher,
est l’un des plus importants sens corporel avec l’odorat, le goût, la vision et l’audition. En l’absence du sens du toucher, nous serions incapables de ressentir les caresses, la chaleur d’une tasse de thé, ou le souffle du vent sur notre visage. Le sens du toucher est lié à la présence dans la peau de multiples terminaisons nerveuses en relation avec notre système nerveux central.


Structure de la peau

L’épiderme

L’épiderme
L’épiderme est la partie visible de notre peau. Il est constitué de cellules appelées kératinocytes, qui sont accolés les uns aux autres et les uns sur les autres pour former différentes sous-couches. Les kératinocytes prennent naissance à la base de l’épiderme et migrent progressivement vers les couches supérieures pour atteindre la surface cutanée en tant que cellules mortes. L’épiderme est donc en continuel renouvellement. D’autres cellules, les mélanocytes et les cellules de Langerhans sont également présentes dans l’épiderme et possèdent des fonctions spécifiques.

  • Les mélanocytes
    Ces cellules produisent un pigment noir appelé mélanine, qui contribue à la couleur de la peau et à sa protection vis-à-vis du rayonnement ultraviolet. Ces cellules sont localisées dans la couche basale de l’épiderme.


  • Les cellules de Langerhans
    Ce sont des cellules dendritiques impliquées dans le système immunitaire cutané. Elles sont capables de capter des particules étrangères qui pénêtrent dans l’épiderme, puis vont migrer en dehors de la peau, vers les ganglions lymphatiques pour stimuler une réponse immunitaire dans l’organisme.


  • Les cellules basales
    Ces petites cellules sont situées dans la couche basale de l’épiderme. Elles permettent le renouvellement des kératinocytes.


Le derme
Le derme est constitué principalement de tissu conjonctif et est beaucoup plus épais que l’épiderme. Le derme est responsable de la souplesse cutanée et de sa résistance mécanique, mais il est également impliqué dans la régulation de la température corporelle. Alors que l’épiderme ne possède aucune vascularisation, le derme est richement vascularisé, permettant l’apport d’agents nutritifs vers l’épiderme. Le derme contient également différents organites sensoriels pour le sens du toucher, de la pression, de la douleur et de la température (corpuscules de Meissner, corpuscules de Pacini, terminaisons nerveuses), ainsi que des vaisseaux sanguins, des fibres nerveuses, des glandes sébacées et sudorales et des follicules pileux.
  • Les vaisseaux sanguins
    Le réseau vasculaire dermique permet l’apport de nutriments et d’oxygène aux cellules épidermiques ainsi que l’élimination des déchets toxiques.


  • Les corpuscules de Meissner
    Ces récepteurs du toucher sont responsables des sensations tactiles légères telles que les caresses.


  • Les corpuscules de Pacini
    Ils constituent les récepteurs pour la sensibilité aux pressions profondes et aux vibrations.


  • Les terminaisons nerveuses
    Elles sont responsables de la sensibilité à la douleur, aux changements de températures et des démangeaisons.


  • Les fibres nerveuses
    Elles permettent la transmission de l’information sensorielle.


  • Les glandes sébacées
    Elles sont responsables de la production d’une substance huileuse appelée sébum. Le sébum est responsable de l’hydratation naturelle de notre peau et de nos cheveux. Les glandes sébacées sont présentes sur toute la surface cutanée, mais prédominent au niveau du cuir chevelu, du front, du menton, des joues et du nez.


  • Les glandes sudorales
    Elles sont responsables de la production de sueur qui est impliquée dans la thermorégulation grâce à son évaporation à la surface cutanée.


  • Les follicules pileux
    Ils sont responsables de la production des poils et des cheveux. Les follicules pileux sont présents sur toute la surface cutanée à l’exception des paumes, des plantes et des lèvres. Les follicules pileux sont associés à un muscle érecteur qui est stimulé par le froid.


  • Muscle pilaire érecteur
    Il est attaché à la base du follicule pileux. Lors de sa stimulation par le froid ou la peur, il se contracte, redressant les poils et les cheveux et entraînant la fermeture des canaux sudoraux pour permettre de garder la chaleur.


Tissu sous-cutané
Le tissu sous-cutané est situé en-dessous du derme et est constitué principalement de graisse. Il joue le rôle d’un amortisseur protecteur et est également impliqué dans la thermorégulation.


2. Soleil et rayonnement ultraviolet

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Le soleil, centre de notre système solaire, constitue la source de chaleur et d’énergie pour notre planète. La lumière solaire est produite par des réactions de fusion nucléaire qui vont émettre des rayonnements électromagnétiques dont une partie constitue la lumière. Ce rayonnement lumineux peut être séparé en différentes longueurs d’onde permettant de distinguer le rayonnement infrarouge (responsable de la sensation de chaleur), le rayonnement visible (responsable des couleurs) et le rayonnement ultraviolet qui est invisible. Le rayonnement ultraviolet est responsable de lésions spécifiques au niveau de l’ADN de nos cellules. Ces lésions peuvent être responsables de mutations cancérigènes, en particulier lorsqu’elles touchent les cellules épidermiques : les kératinocytes ou les mélanocytes. Une fois mutées, ces cellules vont pouvoir proliférer, puis envahir le reste de notre organisme


Le rayonnement solaire

Différentes données sont nécessaires pour comprendre l’impact du rayonnement solaire sur l’organisme humain. Sans rayonnement, il ne pourrait pas y avoir de vie terrestre. Malgré cet aspect vital du rayonnement solaire, il faut savoir qu’il peut être également dangereux pour notre santé.

Le concept de rayonnement solaire

Si l’on observe un arc-en-ciel, nous pouvons voir différentes couleurs allant du violet au rouge. Ces couleurs font partie du spectre visible, mais d’autres rayonnements invisibles font également partie du rayonnement solaire : le rayonnement solaire forme des ondes qui transportent de l’énergie. Il peut donc être comparé à des vagues sur la mer. Par temps calme, les vagues de l’océan sont très éloignées l’une de l’autre et leur longueur d’onde (distance séparant le sommet de deux vagues successives) est longue et ces vagues ne vont pas transporter beaucoup d’énergie. Par contre, lorsque les vagues se rapprochent, leur longueur d’onde se raccourcit et les vagues vont transporter beaucoup plus d’énergie. En terme de rayonnement solaire, plus les longueurs d’onde du rayonnement solaire sont courtes, plus ces longueurs d’onde sont dangereuses en raison de leur forte énergie.

UVA et UVB
La lumière visible correspond à des longueurs d’onde comprises entre 400 et 760 nm. Le rayonnement ultraviolet (radiations UV) est séparé en trois types selon les longueurs d’onde : les rayonnements UVA sont compris entre 400 et 320 nm, les rayonnements UVB sont compris entre 320 et 290 nm et les rayonnements UVC sont compris 290 et 200 nm. Nous rappelons que plus la longueur d’onde est courte, plus le rayonnement est dangereux en raison de sa forte énergie. Heureusement, la terre est entourée par un écran protecteur constitué par la couche d’ozone qui va absorber toutes les radiations UVC et une partie des UVA et des UVB. Les autres radiations UVA et UVB vont atteindre la surface terrestre et vont avoir un impact sur notre peau.

Impact sur la peau
En atteignant notre peau, les radiations UV vont endommager l’ADN de nos cellules. Si ces dommages sont trop importants, les cellules vont mourir et vont disparaître ; par contre, si ces dommages sont peu importants, les cellules vont pouvoir être réparées grâce à des mécanismes de réparation présents dans chaque cellule. En revanche, si ces réparations sont mal effectuées, les cellules endommagées vont persister et proliférer pour donner des cancers cutanés.

Les radiations UVB
Les UVB sont responsables du bronzage, mais également du coup de soleil et des cancers cutanés. Bien qu’ils ne pénètrent pas aussi profondément dans la peau que les UVA, ils transportent beaucoup plus d’énergie. C’est pourquoi les premiers produits solaires commercialisés contenaient essentiellement des filtres UVB.

Les radiations UVA
Jusqu’à ces dernières années, les scientifiques considéraient que seuls les UVB étaient responsables des cancers cutanés. Cependant, en terme de quantité, 10 à 100 fois plus d’UVA atteignent la surface terrestre. Or, les fortes doses d’UVA sont capables d’induire des cancers cutanés sur des animaux de laboratoire. De plus, bien que les UVA transportent mois d’énergie que les UVB, ils pénètrent beaucoup plus profondément dans la peau, en particulier dans le derme. A ce niveau, ils sont responsables du vieillissement cutané. Toutes ces données incitent à une protection non seulement vis-à-vis des UVB, mais également des UVA, protection qu’apportent les produits solaires à large spectre.


3. Lucite polymorphe

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Les photodermatoses constituent un groupe d’affections cutanées déclenchées par les radiations UV. La lucite polymorphe est la plus fréquente des photodermatoses. Elle se caractérise par une réaction cutanée retardée et récidivante qui apparaît après une exposition au soleil chez certains individus. Les lésions induites sont très variables, d’où le terme de lucite polymorphe. Cependant, pour chaque patient, un seul aspect lésionnel prédomine et reste constant. Ces éruptions intermittentes déclenchées par l’exposition au soleil consistent en de petites papules érythémateuses et prurigineuses qui peuvent confluer en larges plaques ou être remplacées par de petites vésicules ou bulles, siégeant sur les régions exposées au soleil. La zone du décolleté, le cou, les avant-bras et les jambes sont le plus souvent atteints. Les symptômes sont plus intenses au printemps et au début de l’été, puis vont s’atténuer à la fin de l’été. Cette affection débute habituellement chez des adultes jeunes, entre 30 et 40 ans.


4. Etiologie

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La lucite polymorphe est due à une réaction allergique dont le mécanisme demeure encore inconnu. En effet, l’allergène responsable induit par l’exposition solaire n’a toujours pas été identifié


5. Signes cliniques

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La lucite polymorphe semble plus fréquente au niveau des latitudes géographiques proches de l’équateur. Ainsi, sa prévalence est estimée à 5 % en Australie pour atteindre 20 % en Scandinavie. La lucite polymorphe touche essentiellement les Européens du Nord à la peau claire, alors que les personnes à la peau mate sont plus rarement atteintes. Cette affection est plus fréquente chez les femmes et débute souvent vers l’âge de 30 ans. Les enfants peuvent cependant être aussi atteints. La plupart des patients signalent des sensations de démangeaisons ou de brûlures associées ou non à des éruptions érythémateuses touchant les zones exposées au soleil. Initialement, il s’agit de lésions de petite taille qui vont progressivement se regrouper pour former des plaques. Parfois, les symptômes apparaissent immédiatement après l’exposition solaire, alors que chez d’autres, il s’écoule un délai de plusieurs heures, voire les lésions pourront apparaître le jour suivant. Habituellement, les lésions disparaissent en quelques jours, mais certains patients signalent des durées beaucoup plus longues, de l’ordre de quelques semaines. Sur le plan morphologique, les lésions peuvent prendre l’aspect de papules érythémateuses, prurigineuses, voire de plaques beaucoup plus étendues ou de bulles. Le visage, le cou, les jambes et les avant-bras sont le plus souvent atteints. Les symptômes sont en général plus importants au printemps et au début de l’été, mais leur intensité peut varier d’un individu à l’autre et au cours des années. L’intensité des expositions solaires déclenchant les lésions est également variable d’un individu à l’autre, allant de quelques minutes à plusieurs heures. Dans la plupart des cas, les UVA sont responsables de la lucite polymorphe, mais les UVB peuvent également entraîner ce type de réactions. Il faut savoir que les UVA sont capables de traverser les surfaces vitrées et même les vêtements légers en coton. L’exposition solaire répétée chez certains de ces patients peut entraîner un phénomène de tolérance expliquant parfois le respect de zones habituellement exposées au soleil (visage et mains). Enfin, l’induction d’une lucite polymorphe par l’exposition à des UVA dans des salons de bronzage est également fréquente.

Figure 1: Young man with many large, red, confluent papules on the upper arms

Figure 2: 20 years old man with raised irregular red plaques on the upper arms

Figure 3: 66 years old woman with red plaques and small blisters

Figure 4: 42 years old man with many small follicular papules on the upper leg

Figure 5: Erythema and papules on the upper back


6. Examens complémentaires - Diagnostic

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Le diagnostic de lucite polymorphe est un diagnostic clinique reposant sur l’aspect des lésions et leur chronologie d’apparition suite à une exposition solaire. Ces lésions peuvent être cependant provoquées de façon expérimentale. Environ 50 % des patients vont développer des lésions de lucite polymorphe après une irradiation artificielle à l’aide de lampes UV. L’examen histologique des lésions induites n’est en général pas nécessaire, mais peut parfois permettre d’éliminer un autre diagnostic.


7. Traitement - Prévention

La majorité des patients vont prévenir l’apparition de lucite polymorphe en évitant l’exposition au soleil et/ou en utilisant un produit solaire à large spectre et à fort coefficient de protection. Les antipaludéeens de synthèse peuvent avoir un effet préventif efficace (Plaquenil*, 2 cp/j à débuter 15 jours avant l’exposition au soleil). D’autres patients peuvent bénéficier d’un entraînement de leur peau au soleil afin d’induire un phénomène de tolérance. La photothérapie UVB ou la photochimiothérapie (PUVA) réalisée de façon progressive avant l’apparition des premiers soleils (printemps) permet d’induire ce phénomène de tolérance. Ces traitements sont réalisés par des médecins spécialisés sur prescription médicale. L’utilisation d’appareils de bronzage commerciaux n’est pas recommandée car ils déclenchent très facilement des réactions de lucite polymorphe. Une fois les lésions présentes, elles peuvent être traitées par l’utilisation de crèmes corticoïdes sur une période de quelques jours. Enfin, dans des cas exceptionnels, lors de réactions intenses, il peut être nécessaire d’utiliser un traitement par corticostéroïdes injectables ou par voie orale.






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